Manuel Renaudie: Profession pilote

2 octobre, 2009 par Kartmag 

Manuel Renaudie

Manuel Renaudie

Manuel Renaudie a 27 ans. Il a débuté le kart à l’âge de 12 ans, sur une petite piste à côté de chez lui en France, avec son père, pilote lui aussi. Il roulait alors sur un châssis Minime avec un moteur Formule A ! Aujourd’hui domicilié en Suisse, marié et papa d’une fillette de 13 mois, il pratique le kart en professionnel au plus haut niveau de la compétition. Il est l’un des rares pilotes français “usine”.
Manuel est un fidèle du club. Licencié à l’ASK Rosny 93 depuis 2001, il contribue par ses performances à la renommée du club sur la scène internationale. Meilleur français au championnat du Monde KF1 2008 à La Conca (6e), il a manqué d’un cheveu le titre de champion d’Europe SKF cette saison et terminé sur la deuxième marche du podium.

Quand es-tu arrivé au plus haut niveau du karting?
En 1998, j’ai participé à mon premier championnat d’Europe Espoir à Valence. Ma carrière internationale a réellement pris son envol en 2002 où j’ai terminé vice champion de France Formule A (Elite) et 10e de la Coupe du Monde, avec PCR. L’année d’après, j’ai été titré champion d’Italie Formule A.

Depuis quand es-tu pilote officiel usine?
J’ai travaillé pour l’usine italienne PCR de 2002 à 2004, puis chez Swiss Hutless en 2005. En 2006 et 2007, c’était pour le manufacturier Vega et depuis 2008, je suis chez PDB Racing. Mon travail consiste à éprouver le matériel dans toutes les conditions, le développer et le mettre au point pour qu’il soit le plus performant possible. Ensuite, il faut mettre ça en pratique lors des grands rendez-vous internationaux.

Est-ce que ton statut de pilote officiel te permet de vivre. Combien de temps penses-tu encore poursuivre cette carrière?
Pour le moment oui, j’en tire un salaire, mais ça demande une entière disponibilité. Ce n’est donc pas facile de gérer sa vie de famille. Physiquement, ce n’est pas non plus un métier qu’on peut exercer toute sa vie. Je pense donc m’arrêter d’ici deux ou trois ans environ. Je ne crois pas que je continuerai alors à évoluer dans le monde du Karting, mais comme j’ai suivi des études dans le génie mécanique et que je possède un DUT de dessinateur industriel, je pourrai me recycler aisément.

Préfères-tu le kart avec ou sans boîte de vitesses?
Les deux disciplines sont intéressantes. En entraînement, c’est plus amusant de rouler en 125 à boîte de vitesses. C’est intense, il y a toujours quelque chose à faire, l’accélération et le freinage sont plus bruts. En course, le KF est plus pointu. D’une part au niveau des réglages, mais aussi au niveau du pilotage où il faut être très fin, puisque le 125 à boîte te permet de rattraper tes petites erreurs. Dans le cadre de mon contrat chez PDB Racing, je devais rouler uniquement en KZ. Nous avons quand même disputé quelques courses en KF pour voir. Comme les résultats étaient satisfaisants, 4e au Margutti, 6e du championnat du Monde et 3ème du championnat Asie-Pacifique en 2008, nous avons décidé de poursuivre dans les deux disciplines. Le KZ reste notre priorité avec le motoriste SGM.

Qu’est-ce qui a failli pour le titre de champion d’Europe SKF cette année?
Le titre m’a échappé à Zuera, où j’étais vraiment au dessus du lot. J’ai gagné la course 1 et j’étais en tête de la course 2 quand j’ai cassé un roulement de fusée. Une victoire m’aurait permis d’arriver dans une position confortable à Essay. Là, il me fallait gagner les deux finales devant le Finlandais Aaro Vaino. A la première finale, il m’a doublé dans les derniers tours et au départ de la course 2, il m’a serré à l’intérieur et j’ai perdu des places. Même si je roulais dans le rythme des premiers, je n’ai rien pu faire pour revenir. Je termine donc vice champion d’Europe.

Que s’est-il passé à la Coupe du Monde KZ1 à Sarno?
Nous étions très performants aux essais libres, j’ai fait le meilleur temps vendredi et j’étais dans les 4, 5 plus rapides samedi matin. Mais le kart était préparé pour un temps chaud, or, nous avons eu de la pluie aux chronos et je me suis retrouvé 43e. Dans les manches, je remonte bien, mais je suis pris au piège d’un accrochage entre Piccini et Convers en pré-finale et avec Laudato en finale.

Quelles sont tes chances au championnat du Monde à Macau?
Nous avons un très bon matériel KF qui a fait ses preuves cette année dans toutes les grandes courses. Je pense donc avoir de bonnes chances si tous les facteurs sont réunis pour que ça paye !

Pourquoi ne t’es-tu pas dirigé vers une carrière auto?
J’ai eu des opportunités, j’ai fait quelques tests en Formule Renault et en F3, mais j’étais déjà pilote professionnel en Karting et un peu vieux pour débuter en Auto.

Penses-tu que l’appartenance à un club est importante ?
Oui et non. Quand on débute en Karting, je pense notamment aux jeunes pilotes, le club est très important, car il permet de rencontrer les gens du milieu, de recevoir des conseils, de connaître les ficelles, de faire partie d’une famille. Mais ensuite, quand on atteint un niveau international, on roule avant tout pour soi, et pour son usine quand on est pilote officiel. Le club devient secondaire, même si on est toujours heureux de ramener un titre à son président et de recevoir ses félicitations !

Quel est ton attachement à ton club?
Je suis licencié à l’ASK Rosny 93 depuis 2001. J’y ai trouvé des gens passionnés et sympathiques. Les Deschamps ont toujours été à l’écoute et prêts à aider en cas de problème. Avec eux, c’est surtout une question de personnes.

D’après communiqué ASK Rosny 93 / Claire Didier

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